Je ne souhaite pas cliquer sur une échelle de 1 à 10…

« Je n’ai aucunement l’intention de vous faire part de mes commentaires à propos de mon expérience récente, pas plus que je ne souhaite cliquer sur l’échelle de 1 à 10 qui figure au bas de votre courriel… »

Le point de vue de Hervé Gardette dans une courte chronique à lire ou écouter ici :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-transition/sur-une-echelle-de-1-a-10

La mesure de la performance, une nouvelle tyrannie?

Article du Figaro :

GRAND ENTRETIEN – L’historien Jerry Z. Muller décrypte dans un ouvrage remarqué aux États-Unis, et enfin traduit en français, la face obscure des «métriques», ces indicateurs de performance devenus omniprésents.

Statistics and analysis of commercial profit data
Statistics and analysis of commercial profit data

« De la même façon que les Soviétiques qui ont établi des objectifs quantifiés pour chaque usine, le New Public Management et les bureaucrates gouvernementaux ont fixé des objectifs mesurables et évaluables pour les écoles, les universités, les hôpitaux et les forces de police. Comme les managers de l’ère soviétique ont choisi de produire des biens de moins bonne qualité mais en nombre assez élevé pour remplir les objectifs, les écoles, les universités, les hôpitaux et la police ont trouvé des moyens d’atteindre leurs résultats en créant de même des biens de mauvaise qualité, par exemple en accordant des diplômes à des élèves avec très peu de compétences. »

Gagner en vitesse

L’émission, Gagner en vitesse, est-ce perdre du temps ?, fait un lien entre le rapport de l’accélération du temps dans la modernité et l’idéologie managériale de la performance, et de l’évaluation :

« Le sociologue Vincent de Gaulejac, professeur émérite de sociologie à l’UFR de Sciences Sociales de l’Université Paris – Diderot, contributeur de l’ouvrage @ la recherche du temps. Individus hyperconnectés, société accélérée : tensions et transformations (Éditions Erès, octobre 2018) dirigé par la psychologue Nicole Aubert, se penche notamment sur notre « société paradoxante » : en ces temps d’accélération et de modernité, le gain de temps engrangé par les technologies compresse notre temps et nous oblige à être plus performants en toutes circonstances, mettant à profit jusqu’aux moments de repos et de sommeil pour utiliser notre temps. »

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/gagner-en-vitesse-est-ce-perdre-du-temps

L’évaluation est-elle une normalisation ?

Une courte (4 min) émission à lire ou écouter ICI

Extrait :

[…] « cette culture de l’évaluation généralisée présuppose un individu dénué ou presque de subjectivité. Prétendre tout évaluer à tout prix et tout azimut, c’est réduire l’humain à un ensemble de tâches quantifiables et c’est finalement le déposséder de ce qui le rend singulier, c’est ignorer volontairement que l’engagement dans un métier n’est pas réductible à une somme de performances, mais que s’y joue un rapport intime à soi et aux autres, un engagement intérieur qu’on peut appeler (même si ça fait un peu ringard) l’amour du métier. »

https://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires-de-clementine-autain/levaluation-est-elle-une-normalisation

Évaluer le sensible

PEUT-ON ÉVALUER LE SENSIBLE ?
réflexivité et enjeux de la médiation en art contemporain

Extrait :

« Aujourd’hui, alors que l’injonction à délivrer des bilans chiffrés, des statistiques et autres documents comptables se fait chaque jour plus pressante, il nous a semblé nécessaire de nous saisir pleinement de cette question. Comment évaluer et garder trace d’autre chose que des chiffres, utiles et nécessaires, mais qui seuls ne traduisent en rien la réalité de l’expérience vécue par le public, ni de nos actions, ponctuées de moments de grâce comme d’échecs ?

L’enjeu est double. Il s’agira de se donner le temps de circonscrire les nombreuses entrées induites par le principe de l’évaluation. Dans une démarche proactive, nous mettrons à profit notre expertise pour formuler des propositions pertinentes, porteuses des valeurs que nous souhaitons défendre – et défendons – au quotidien : liberté, originalité, créativité, éthique, ouverture sur l’autre et le monde…

Cela fait déjà de nombreuses années que cette question de l’évaluation
habite de façon souterraine nos métiers, suscite des réflexions fécondes sans pour autant trouver un écho, ni aboutir à des propositions concrètes, en phase avec nos réalités et nos valeurs. Sans doute faut-il voir là un aveu indirect de la réelle complexité qui s’instaure dès qu’il s’agit de rendre compte de processus qui se déploient à la fois dans l’espace et le temps, au sein d’individualités uniques et sans cesse mouvantes. »

Sur la page du Colloque, vous trouverez les liens permettant d’écouter les interventions de la journée.

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La question de « l’objectivité scientifique »

Un article paru dans la Nouvelle Revue du Travail, par Jean-Pierre Durand, au sujet du livre de Albert Ogien.

Albert Ogien, Désacraliser le chiffre dans l’évaluation du secteur public.

Extrait :

« Dans les sociétés rationalisées de longue date qui sont les nôtres, on peut prétendre que chacun est dans la disposition de conférer au chiffre les attributs de la sacralité, puisqu’il y semble communément admis que ce qu’un chiffre exprime est absolument immunisé contre le doute. […] La définition d’un objet sacré engendre l’invention de règles qui en organisent le respect. Dans le cas du chiffre, un des objets de ce culte est l’objectivité scientifique. Avec la quantification des données administratives, ce culte a été transféré dans l’ordre du politique. Et il est vrai que dès qu’une décision politique est adossée à un chiffrage validé (même s’il est démontré qu’il est totalement faux), elle semble obtenir une évidence qui, comme le savent les spécialistes en communication ou les démagogues, rend coûteuse et très incertaine sa remise en cause. » (p. 75)

Texte en .pdf

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Retrouvez Albert Ogier, l’auteur du livre original, sur :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/desacraliser-le-chiffre-estimer-comparer-evaluer